L'encadrant
doit assurer le déplacement de son groupe dans les meilleures conditions
de sécurité. Une des conditions de celle-ci est l'obligation, pour le chef de
groupe, d'assurer aussi la cohésion du groupe, en stimulant l'esprit de
solidarité des participants, en s'assurant également que, dans son esprit et
dans sa réalisation, la randonnée répond bien aux motivations qu'avaient les
participants en y venant.
Précautions à prendre à l'inscription
L'encadrant,
doit vérifier que l'ensemble du groupe possède, en gros, les mêmes motivations,
des capacités physiques à peu près identiques, et une expérience montagnarde de
base, leur permettant d'être à peu près au niveau des efforts qui leur seront
demandés.
Nombre de participants
A une grande importance.
Dans les sorties d'alpinisme, pour des raisons de
sécurité, il ne doit pas excéder celui des encadrants, ayant les capacités
techniques suffisantes, à raison de deux participants par encadrant,
Pour des randonnées à plus
basse altitude, on peut envisager un nombre allant jusqu'à 15 participants, la
sécurité ayant moins d'exigences. Dans tous les cas, le nombre doit être adapté au niveau de
difficulté de la course envisagée et ne pas dépasser le nombre fixé initialement
par l'encadrant.
Détails à déterminer avant le départ
Bien fixer l'itinéraire
avec la durée et les dénivelées,
éléments qui doivent correspondre aux capacités du groupe.
Prévoir aussi un itinéraire de repli ou de
contournement, en cas de mauvais temps.
Bien préciser le matériel individuel et collectif à emporter, ce dernier étant à
répartir en charges égales entre les participants. Vérifier ce matériel au
moment du départ ainsi que le contenu des sacs, de façon que ceux-ci ne
dépassent pas le poids convenant à chaque participant.
Action pendant les étapes de la
randonnée
Est à la fois technique et
psychologique.
Sur le plan technique, l'encadrant doit :
en terrain
facile, régler en tête l'allure de la marche, ne pas perdre de vue l'ensemble
des participants, mettre un encadrant en queue du groupe ;
en terrain
délicat, regrouper les participants, être à portée d'aider celui qui en aurait
besoin (lui ou un autre encadrant) ;
en terrain où
l'encordement est de règle, veiller à faire respecter toutes les règles
habituelles de sécurité ;
à la descente,
redoubler de vigilance et, pour éviter de trop grands espacements entre les
participants, fixer des points de regroupement relativement fréquents ;
Sur le plan psychologique, l'encadrant
doit :
sécuriser les
participants, soit par ses paroles, soit par des mesures techniques
appropriées (main courante, etc...) ;
initier les
moins expérimentés, en leur apprenant les gestes et attitudes nécessaires (une
ou deux heures d'école à un refuge peut être utile) ;
stimuler la
solidarité, conforter la confiance, intéresser l'ensemble du groupe non
seulement aux problèmes techniques, mais aussi à la cartographie et aux
questions d'environnement (faune, flore, géologie, etc...).
Comportement général de
l'encadrant.
Doit autant que possible faire
participer l'ensemble du groupe à ses décisions (direction de type coopératif),
avec une consultation plus poussée des autres encadrants. Eviter, par
conséquent, une attitude trop réservée et autoritaire qui provoquerait des
tensions de rejet, tout en montrant que l'on possède les capacités nécessaires
pour prendre ses responsabilités.
En cas d'imprévus survenant en cours d'étape, l'encadrant
peut être amené à prendre des décisions rapides et autoritaires (cas de
brouillard ou d'orage subit). Ne pas hésiter. De même, en cas d'accident, mais
dans ce cas solliciter la coopération des autres encadrants. En cas de
difficulté imprévue de terrain, une consultation des participants peut être
utile pour proposer un contournement. De même, en cas de pluie, pour un repli
important.
Action au cours des hébergements
Très importante pour le chef de
groupe :
reconnaître les
lieux (après contact préalable avec le gérant, s'il s'agit d'un hébergement
gardé), et assigner au groupe les différents emplacements;
répartir les
tâches, surtout en cas de refuge non gardé.
donner, ou
faire donner des soins aux participants qui en auraient besoin ;
faire régner la
bonne entente entre tous. Veiller, en particulier, à ce que les plages de
temps libre soient utilement employées ;
éviter les
tensions avec les autres occupants du refuge, les respecter et même coopérer
avec eux, si besoin est ;
assurer le
meilleur repos à tous pendant la nuit ;
avant le
départ, accomplir, toutes les formalités administratives et financières.
Qualités d'ensemble de
l'encadrant
Doit d'abord posséder les qualités
physiques et techniques nécessaires pour effectuer une course ou randonnée plus
dure et plus technique que celle envisagée, ainsi qu'une expérience suffisante
de la montagne sous tous ses aspects, avec le sens de l'itinéraire et de
l'orientation.
Doit posséder aussi les qualités pédagogiques, propres à faire passer chez les
participants une partie de ses connaissances techniques et de son expérience.
Doit avoir également un minimum de clairvoyance psychologique, avec de
l'intuition, de la patience, une grande maîtrise de soi, et, surtout, de la
bonne humeur, pour faire passer les petits désagréments qui surviennent
inévitablement au cours d'une randonnée et qui, pour la plupart du temps, se
transforment, l'humour aidant, en bons souvenirs.
Doit, enfin, être capable de valoriser l'esprit de groupe, pour que, en fin de
randonnée, les participants éprouvent la satisfaction d'avoir vécu une
expérience enrichissante tant au point de vue camaraderie qu'au point de vue
connaissance de la montagne.