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[ Accueil ] [ Remonter ] [ Les brulures dues au soleil ] [ L'ophtalmie ] [ Insolation ]
- L'il
et le rayonnement ultraviolet
Tout il possède son dispositif naturel de protection. La rétine organe
récepteur ne reçoit que la lumière visible. Les filtres du rayonnement UV sont la
cornée et le cristallin, renforcés par les larmes et le jeu pupillaire qui fait office
de diaphragme. La vitrée et l'humeur sont des filtres infrarouges.
Les effets nocifs du rayonnement ultraviolet sur l'il
sont liés à :
L'intensité et à la durée
de l'exposition aux UV,
L'absence de protection
(verres teinté à haut pouvoir filtrant)
L'insuffisance de capacité
d'absorption des différentes structures de l'il, notamment chez l'enfant
- L'ophtalmie est une brûlure par les
ultraviolets de la cornée qui est la couche protectrice de l'il. Cette brûlure se
développe à l'insu du patient et les premiers signes apparaissent sans liaison apparente
avec l'exposition au soleil. Cela débute par une simple sensation de "grain de
sable" sous les paupières, une rougeur des yeux et un larmoiement, puis apparaissent
des troubles de la vision, pouvant se transformer en une cécité transitoire.
Il n'existe pas de traitement curatif. L'ophtalmie n'est pas grave en elle-même. Elle
guérit sans séquelle en 48 heures avec quelques petits soins (application d'eau froide,
pansements oculaires, mise au repos dans l'obscurité...).
Elle est grave indirectement puisque elle entraîne une perte totale d'autonomie de la
personne qui en souffre (immobilisation d'une cordée par exemple).
- La douleur apparaît 4 à 6 heures après
l'exposition
- Elle est accentuée par la lumière
- Elle est accompagnée d'une sensation de
gravier dans les yeux, et d'un larmoiement intarissable.
- Les paupières sont gonflées, empêchant
l'ouverture des yeux.
Le traitement nécessite
le repos, des pansements oculaires, quelques gouttes de collyre antiseptique, ou d' une
pommade ophtalmique. Si les douleurs persistent au delà de 24 heures, une consultation
auprès d'un ophtalmologiste est conseillée.
Après une ophtalmie des
neiges, il est nécessaire de différer le port des lentilles de 4 ou 5 jours, le temps
nécessaire à la cicatrisation de la cornée.
QUELQUES CONSEILS
Le port de lunettes spéciales, couvrant tout
l'il avec des verres de haute qualité est indispensable. Les collyres préventifs,
liquides qui s'appliquent sur la conjonctive de l'il proposés dans /e commerce
(type Uveline) ne dispensent absolument pas du port de ces lunettes. Ces collyres doivent
être considérés comme une mesure de protection supplémentaire pour des yeux
particulièrement fragiles.
Attention ! un flacon de collyre entamé doit être détruit après deux ou trois semaines
- Utiliser couramment des lunettes à verres
filtrants les UV : catégorie IV en haute montagne, catégorie III dans les activités de
pleine nature,
- Choisir des verres largement couvrants ou des
montures avec cache latéral,
- Utilisez des collyres protecteurs (Antalyre)
en condition de froid et de vent,
- Veillez à la protection de l'il
chez l'enfant avec port de lunettes ou de casquette.
Ci joint un petit bout d'article plus
"spécilisé" pour les fans
Professeur Michel MONTARD
Chef de Service d'Ophtalmologie - CHU de Besançon - Université de Franche-Comté.
Il convient de savoir que le rayonnement solaire à la
montagne est extrêmement important puisque la neige réfléchit 85% des rayons
ultraviolets, alors que le sable n'en réfléchit que 20% et l'eau 5 à 10%.
En conséquence, les altérations cliniques
dues aux ultraviolets ne peuvent être que majorées, qu'elles soient au niveau de a
cornée, du cristallin ou de la rétine. Par ailleurs, intervient l'altitude, la
proportion d'ultraviolets augmentant de 10% par mille mètres d'altitude.
Les altérations ophtalmologiques spécifiques
liées à la haute montagne sont :
- l'ophtalmie des neiges,
- l'érythropsie des neiges,
- le white out du skieur hors piste
- et, enfin, les altérations liées au froid, gelures oculo-palpébrales et atteintes
épithéliales de la cornée.
L'ophtalmie des neiges est la pathologie la
plus fréquente. Elle peut survenir après une latence de 6 à 24 heures, mais parfois
cette latence est raccourcie et peut être de l'ordre de 30 minutes. Ce terme est
impropre, puisque la neige n'est pas en cause, mais bien le rayonnement ultraviolet.
L'affection débute par une sensation de picotement, semblable à l'impression d'avoir un
corps étranger sous la paupière, puis les signes objectifs apparaissent secondairement
associés à un larmoiement important, une photophobie et un blépharospasme très
intense.
L'examen réalisé après instillation d'un
collyre anesthésique peut lever le spasme et révèle une hyperhémie conjonctivale
importante et parfois un myosis. Les lésions de
l'épithélium cornéen sont constantes, elles prennent les colorants et sont semblables
au "coup d'arc électrique" du sondeur.
La photophtalmie peut devenir chronique chez
les sujets qui sont soumis pendant longtemps, et sans protection à l'action des
ultraviolets. Le sujet se plaint alors d'éblouissement, ou de scotome dans son champ
visuel avec sensation colorée anormale.
L'érythropsie des neiges est une affection
beaucoup plus rare. Les objets paraissent colorés en rouge, souvent cette coloration
succède à une exposition prolongée à une très forte luminosité. Après une phase de
latence de quelques heures, elle peut être précédée par une impression de coloration
verte (chloropsie). L'hypothèse d'un mécanisme périphérique rétinien lié à
l'épuisement des photorécepteurs a été évoquée, comme celui d'un mécanisme central
de type photomigraine. Le traitement est, là aussi, prophylactique avec l'utilisation de
verres absorbants.
Le white out syndrome. La pathologie liée au
froid devient de plus en plus fréquente du fait de l'augmentation constante du ski de
fond hors piste. Il s'agit souvent de gelures oculo-palpébrales s'accompagnant d'une
baisse d'acuité visuelle, d'un larmoiement, d'une photophobie et d'une douleur moins
importante. Ce phénomène est bien connu des aviateurs et peut concerner parfois le
skieur hors piste qui se trouve confronté à une désorientation spatiale particulière.
Le sujet pris dans des conditions météorologiques de brouillard peut alors perdre toute
référence visuelle. Il y a une perte de la perception du relief, et la notion de
dénivellation du terrain est totalement abolie. Même à l'arrêt, les phénomènes
persistent et ils sont caractérisés par une baisse de la vision très importante,
secondaire au relâchement total de l'accommodation entraînant une myopie avec une
impression de mobilité du sol et des sensations vertigineuses. Il est probable qu'aux
phénomènes de vision mésopique et myopie spatiale se surajoutent des phénomènes
labyrinthiques et psychologiques lorsque les conditions météorologiques sont totalement
détériorées.
La protection des yeux
contre les ultraviolets est plus qu'impérative en haute montagne. Elle se doit d'être
d'une qualité parfaite.
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