Nivologie - Comprendre la neige

 




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  • "NEIGE ET AVALANCHES" : LA REVUE DE L'ANENA 

    Observer la neige pour comprendre les avalanches : difficultés et limites
    Neige et Avalanches n° 79 - Septembre 97


    Observer la neige pour comprendre les avalanches : difficultés et limites

    Manteau neigeux instable...
    Quelles ont été les conditions nécessaires ?
    Quelles auraient été les conditions suffisantes ?

    La détermination des grains de neige mis en cause dans une avalanche semble une étape indispensable pour comprendre, puis prévoir le phénomène. L'idée est retenue depuis longtemps et elle a donné lieu à une classification des avalanches en fonction de la neige en mouvement : poudreuse, plaques dures, fonte. La réalité est-elle aussi simple ? La caractérisation des couches de neige d'un manteau neigeux est-elle suffisante pour estimer sa stabilité ?

    Afin de répondre à cette question, nous avons commencé (en 1994) une série de campagnes de mesures sur le terrain (essentiellement à Valfréjus) (1). Elles étaient destinées à surveiller l'évolution de la neige dans des pentes sensibles aux avalanches et à documenter (2) le plus précisément possible les conditions de départ de plaques de neige.

    Au cours de cette étude, plusieurs problèmes de méthode se sont posé. Comment qualifier une couche de neige ? Quelles sont les couches à examiner ? Où faire les sondages qui devront décrire l'avalanche ? ... Aussi, les progrès permis par l'observation n'ont pas été aussi importants que ce que nous avions espéré.

    Pourtant, certaines interrogations ont maintenant une réponse. Notamment, nous avons une vision plus précise de deux types de couches de neige impliquées dans les avalanches de plaques : les couches de neige mises en mouvement qui constituent la plaque proprement dite et les couches de neige au sein desquelles s'est produit le cisaillement, entre la plaque en mouvement et la neige restée en place.

    Observer les grains pour décrire une couche de neige

    L'une des manières de décrire une couche de neige est de citer les grains qui la composent. C'est ainsi que l'avalanche de poudreuse est souvent associée à la neige fraîche, l'avalanche de plaque dure aux grains fins, l'avalanche de fonte aux grains ronds…

    Pour identifier la forme des grains, les observateurs ne disposent souvent que d'une loupe de poche et d'une plaquette sur laquelle ils placent un peu de neige. Cette technique permet de reconnaître divers types de neige fraîche, le givre de surface, les gobelets, les grains ronds... Elle s'avère généralement insuffisante pour les grains plus petits ou les formes moins typiques.

    Depuis 1985, le Centre d'Etude de la Neige (3) met en œuvre du matériel sophistiqué pour l'étude des échantillons de neige (caméra numérique, disque optique...). Il permet à la fois une saisie rapide des images et une éventuelle analyse automatique ultérieure. C'est ce matériel que nous avons pu utiliser pour observer les 442 échantillons de neige prélevés au cours de l'étude, sur trois saisons, à l'occasion soit de mesures systématiques dans une pente, soit d'avalanches. Il nous a permis de réaliser 17813 images de grains ou de cristaux, soit environ 40 images par échantillon.

    Exploitation des images de grains : deux méthodes possibles

    Pour caractériser une couche de neige par le (ou les) type(s) de grains qui la composent, deux méthodes peuvent être utilisées :
    - La démarche la plus naturelle semble être la reconnaissance experte (4) des formes selon une classification appropriée. Cette approche est satisfaisante puisque, après une phase d'apprentissage, il est théoriquement facile de reconnaître les indices propres à chaque type (fragments de dendrites des particules reconnaissables, angles typiques des grains à faces planes...). Elle reste imparfaite si la subjectivité est importante.
    - L'autre démarche, dictée par la rigueur scientifique, vise à la reconnaissance automatique des types de grains. Elle doit permettre de comparer des échantillons sur des critères qui ne sont pas évalués par des observateurs humains (dimensions, convexité des grains...).
    Dans les deux cas, pourtant, l'analyse est réalisée sur un échantillon de grains ou de cristaux choisis par l'observateur. La subjectivité n'est donc jamais écartée. Les résultats présentés ici sont issus de l'analyse experte.

    Analyse experte et diversité des formes de grains

    Pour nommer des grains de neige en fonction de leur forme, il faut d'abord choisir une classification. En 1990, une commission internationale a proposé une classification morphologique des cristaux de neige fraîche et des grains plus évolués ; elle comprend 9 types qui englobent chacun 2 à 8 sous-types [Colbeck 90]. La classification proposée par le CEN sur les imprimés de profils stratigraphiques reprend l'essentiel des types proposés par la classification internationale (de 1=neige fraîche à 8=givre de surface). C'est à elle que nous nous sommes référés. Deux problèmes se sont alors posé : la dénomination d'un grain d'une part, et la dénomination d'un ensemble de grains (c'est à dire une couche) d'autre part.

    - Identification des grains
    Grâce à la loupe binoculaire, les cristaux et les grains de forme typique sont parfaitement identifiables (Figure 1). On retrouve les rondeurs et la petite taille des grains fins, les angles caractéristiques des grains à faces planes, les stries et la taille importante des gobelets, le film d'eau qui lie entre eux les grains ronds...
    Toutefois, les grains observés ont souvent des formes qui ne sont pas décrites par les classifications (Figure 2). Ceci est dû à l'intervention successive ou simultanée de plusieurs mécanismes. Par exemple, un bouton de manchette (association d'une colonne et de plaquettes) peut aussi être givré (des gouttelettes d'eau surfondues se sont condensées à sa surface au cours de sa chute), une particule reconnaissable peut être déjà nettement affectée par une métamorphose de faible gradient ("particule arrondie") ou par une métamorphose de gradient moyen ou fort ("particule anguleuse"), un grain peut avoir été transformé successivement par plusieurs types de métamorphoses (grains "particuliers)" (5)... Enfin, la notion d'agrégation n'est pas prise en compte dans cette méthode.

    - Identification d'une couche de neige
    Nous l'avons vu, l'identification d'un grain de neige n'est pas toujours aisée. Le problème de l'identification d'une couche de neige est encore plus complexe. Un échantillon prélevé dans une couche de neige d'apparence homogène comprend souvent des grains de formes variées. Ainsi, on peut trouver en même temps des particules reconnaissables, des grains fins et des grains à faces planes (Figure 3).
    Afin de tenir compte de cette diversité, nous avons attribué plusieurs qualificatifs à une même couche de neige et, surtout, nous avons conservé plusieurs images de grains par échantillon. Ainsi, la pertinence de l'analyse experte peut être vérifiée, et des critères morphologiques qui n'avaient pas été pris en compte dans un premier temps peuvent être utilisés ultérieurement.

    Les couches de neige impliquées

    Ceux qui ont observé maintes fois des coupes de manteau neigeux savent combien la superposition des couches de neige peut être complexe. Ceci est dû notamment aux phénomènes qui se produisent à proximité de la surface. Il peut s'agir par exemple de la formation localisée de gobelets, des couches associées à la formation d'une croûte de radiation... Ces couches, surtout quand elles sont enfouies, sont difficilement repérables. La description exacte de la situation réelle est donc illusoire et le choix des couches décrites reste subjectif. Pourtant, certaines couches discrètes sont susceptibles de jouer un rôle important dans la stabilité (croûtes, couches fragiles minces).

    Reprenant les hypothèses les plus récentes, nous avons distingué les couches "mouvement", qui constituent la plaque, des couches "cisaillement" et des couches "base" (neige restée en place). La couche "cisaillement" a été distinguée des deux autres car il y aurait nécessairement, aussi mince soit-elle, une couche de neige au sein de laquelle se produit la rupture par cisaillement (couche fragile). Elle serait le siège de l'amorce du phénomène de déclenchement des plaques [Gubler 92].

    Les couches "cisaillement" ont été décrites en effectuant systématiquement des prélèvements à la base des couches de neige mises en mouvement. En creusant dans le front de la rupture par traction (6), nous avons obtenu des grains non transformés par l'avalanche (Figure 4). Lorsque cette couche était suffisamment épaisse et homogène, des mesures de caractéristiques physiques ont aussi été réalisées (masse volumique, résistance au cisaillement...).

    Dans certains cas, il a fallu distinguer plusieurs couches "cisaillement" pour une même avalanche : des couches de neige ont glissé les unes sur les autres, sans que l'on sache laquelle s'est mise en mouvement la première (Figure 5).

    Avalanche !... Où faire l'examen du manteau neigeux ?

    Une avalanche déclenchée sur le domaine skiable de Valfréjus le 15 février 1996 permet d'illustrer les difficultés rencontrées pour choisir l'endroit où l'observation des couches doit être réalisée (Figure 6). L'accident s'est produit après une période de précipitations accompagnées de vent. La neige était partout agréable à skier, y compris dans les talwegs où elle était accumulée. L'avalanche s'est déclenchée lorsque le skieur a plongé dans l'un de ces talwegs (point C sur la figure) ; la rupture par traction s'est produite environ 50 mètres au-dessus de sa position (point A sur la figure).

    Lors de l'enquête, nous nous sommes aperçus que les conditions nivologiques étaient très différentes entre le point A (rupture par traction la plus épaisse), le point B (extrémité de la rupture par traction) et le point C (origine du déclenchement) : Quelle est la structure de manteau neigeux qui a permis l'accident ? Quelles ont été les conditions nécessaires ? Quelles auraient été les conditions suffisantes ?

    Personne, probablement, n'étant capable de répondre avec certitude à ces questions, il semble encore indispensable de réaliser plusieurs sondages pour décrire le manteau neigeux dans la zone de départ d'une avalanche. En effet, l'implication fréquente du vent induit presque toujours des diversités d'épaisseur et de qualité de neige qui doivent être prises en compte.

    Quelle neige pour les plaques ?

    Bilan de trois campagnes d'observations
    Au cours de trois hivers (1994 à 1997), 29 avalanches de plaques ont été très précisément documentées dans le cadre de cette étude. Une base de données conçue à cet effet a permis de saisir à la fois les images des avalanches, les caractéristiques des couches de neige impliquées, les conditions nivo-météorologiques actuelles et passées... Nous présentons ici quelques observations effectuées sur 33 couches "cisaillement" (il est arrivé que plusieurs ruptures par cisaillement se produisent à l'occasion d'une seule avalanche) et sur 60 couches "mouvement" (plusieurs couches ont généralement été distinguées pour une seule plaque). Toutes ces avalanches ont été déclenchées par passage de skieur(s) ou de piéton(s) ; elles concernent le plus souvent de la neige sèche (observations entre le 15 décembre et le 15 avril).

    L'examen des principales formes de grains identifiées dans chaque couche montre des résultats intéressants. Ici, une couche est décrite par deux types de formes, F1 et F2, qui peuvent être différents ou identiques.
    - Dans les couches où s'est produit un cisaillement, les grains anguleux (gobelets et grains à faces planes) apparaissent en majorité : ils sont considérés comme grains principaux dans 60% des cas. Pourtant, la neige récente - neige fraîche et particules reconnaissables de tous types - domine dans 37% des cas (Figure 7). Ceci signifie que, même si elles semblent souvent un facteur aggravant de l'instabilité, les couches fragiles de grains anguleux ne peuvent être considérées comme un facteur nécessaire au déclenchement d'avalanches de plaques.
    - Les couches de neige mises en mouvement peuvent être soumises à la même analyse. Cette fois, c'est la neige récente qui est représentée majoritairement (71% des cas) Ses grains fins sont dominants dans 17% des cas et les grains anguleux dans seulement 10% des cas (Figure 8). Ceci confirme d'abord que la neige récente représente un danger particulièrement marqué pour le skieur évoluant en dehors des zones sécurisées. On voit ensuite que de nombreuses qualités de neige peuvent faire partie de plaques instables. Il ne semble donc pas possible (malheureusement !) de détecter toutes les plaques grâce à leur consistance (7).

    Avalanches de plaques : quelques repères...

    Des couches enfouies de gobelets ou de grains à faces planes ont permis la rupture par cisaillement à la base de nombreuses plaques. Pourtant, ce type de couche n'a pas toujours été retrouvé à l'occasion de déclenchements. Elles ne constituent donc pas une condition nécessaire. Leur présence est-elle suffisante pour permettre le déclenchement ? On peut affirmer que non : des profils stratigraphiques, réalisés dans des pentes raides fréquentées par les skieurs, ont souvent montré la présence de couches fragiles enfouies (grains anguleux), sans qu'elles induisent d'instabilité. Ce fut le cas, par exemple, en avril 1997 en Savoie (versants ombragés). Pendant cette grande période de très beau temps, aucun accident d'avalanche ne fut déploré.

    Ce constat, pressenti depuis plusieurs années, nous avait conduit à observer précisément la constitution des plaques, espérant y trouver une ou plusieurs conditions nécessaires au déclenchement. La variété des grains, des niveaux de givrage, des combinaisons de stratification, etc., nous amène à douter de cette éventualité.

    Deux points peuvent néanmoins être dégagés :
    - La neige récente étant le constituant principal d'une majorité de plaques, et les grains anguleux étant les constituants principaux d'une majorité de couches où se produit un cisaillement, la superposition de ces deux couches forme une structure particulièrement instable. Ce fait peut être illustré par les situations de début d'hiver : la neige peu évoluée posée sur une couche de gobelets ou de grains à faces planes a provoqué de nombreux accidents dramatiques (cf. fins d'années 1994 et 1995).
    - La proportion de cas, où des particules reconnaissables ont permis le cisaillement, ne doit pas être négligée. Précisons un aspect : à chaque fois, les plaques mises en mouvement étaient aussi constituées de particules reconnaissables. Il est possible que ce phénomène ne se produise que pendant et/ou peu après les épisodes de précipitations.

    Cette distinction entre deux types de couches sensibles aux ruptures par cisaillement avait été soulignée par B. Jamieson, qui différencie les couches fragiles "persistantes" (grains anguleux et givre de surface), des couches fragiles "non persistantes" (neige fraîche et particules reconnaissables) [Jamieson 95].

    Conclusions

    L'avalanche est un phénomène rare : les périodes sensibles au cours d'un hiver sont concentrées sur des épisodes relativement brefs. L'avalanche est aussi un phénomène fréquent : pendant une période sensible, le nombre d'avalanches déclenchées dépasse largement les chiffres diffusés. Alors, seuls les autochtones savent que tel pisteur s'est échappé in extremis, ou que tel fort skieur a déclenché un monstre. Si des mesures sont réalisées pendant cette période, le nombre d'événements documentés, qui ne dépend que de la disponibilité et de la rapidité de l'observateur, influencera largement les résultats d'une éventuelle analyse. C'est pourquoi les quelques résultats présentés ici doivent encore être complétés.

    En exposant au lecteur certaines des difficultés rencontrées pour décrire les conditions initiales d'avalanches, nous avons aussi montré que la description d'un événement dépend très largement de paramètres choisis par l'observateur (lieu de sondage, couches décrites, grains retenus...). Les méthodes d'observation doivent donc être encore améliorées pour livrer au chercheur des données homogènes et complètes.

    Une attention particulière a été accordée à l'étude cristallographique car les techniques employées permettent de travailler à une échelle relativement fine ; de l'ordre du dixième de millimètre. Ceci est malheureusement impossible dans le cadre d'une approche mécanique car des mesures précises de masse volumique ou de résistance aux contraintes ne peuvent être réalisées que dans des couches épaisses de plusieurs centimètres. Pourtant, malgré la précision atteinte, les conditions nécessaires et suffisantes au déclenchement provoqué des avalanches de plaques n'ont pas pu être dégagées clairement :
    - Certains points déjà soulignés par des études antérieures ont été confirmés : les grains anguleux en profondeur et de la neige récente en surface sont retrouvés dans une majorité de cas bien que ces conditions ne sont toutefois ni nécessaires, ni suffisantes.
    - La diversité des situations instables est maintenant évidente : le cisaillement peut se produire au sein d'une couche de neige récente, et une plaque peut être constituée de types de grains très variés (les conditions suffisantes sont comprises dans une large gamme).
    - Une ou plusieurs conditions nécessaires sont encore inconnues : on ne sait pas expliquer pourquoi certaines pentes restent stables malgré la présence de couches fragiles typiques enfouies.

    Quels peuvent être ces facteurs nécessaires ? Les conditions particulières de l'hiver passé dans les Alpes françaises ont souligné la forte influence du temps écoulé et des facteurs météorologiques sur l'activité avalancheuse (8). Les accidents mortels se sont concentrés sur deux périodes distinctes (du 4 au 14 janvier en Haute-Maurienne puis, du 16 au 28 février, sur l'ensemble des Alpes du Nord (9). Ces périodes ont suivi les seuls épisodes de précipitations de l'hiver sur les massifs concernés.

    Cette dernière remarque est destinée à avertir le pratiquant de la montagne hivernale : l'observation du manteau neigeux est sans doute une étape nécessaire à l'établissement d'un diagnostic de stabilité, mais son interprétation est délicate. L'observation des conditions météorologiques livre des informations parfois difficiles à extrapoler, mais peut constituer une mise en garde salvatrice.

    Dans l'état actuel des connaissances et des techniques d'observation, la référence à plusieurs sources d'information reste nécessaire pour estimer la stabilité d'une pente de neige (nivologie, météorologie, tests) et la seule observation des grains sur une coupe verticale semble encore insuffisante pour établir un diagnostic précis.

    Alain DUCLOS
    TRANSMONTAGNE

    Du terrain à l'écran de l'ordinateur : une technique d'observation de la neige développée par le CEN [Brun 91]

    - Prélèvement des échantillons
    Pour qu'elle ne se transforme pas ultérieurement, la neige prélevée doit être plongée immédiatement dans une substance ayant deux qualités : ne pas être miscible à l'eau et rester liquide à une température inférieure à 0°C. L'iso-octane satisfaisant ces conditions, on en remplit des flacons à l'avance, on les refroidit, puis on y plonge les quelques cm3 de neige à analyser.

    - Conservation des échantillons
    Depuis le prélèvement jusqu'à l'observation, la neige prélevée doit être maintenue à une température inférieure à 0°C. Les flacons sont donc conservés au congélateur ou en chambre froide. Les transports se font en glacière.

    - Observation des grains et acquisition des images
    L'observation des grains est réalisée en chambre froide, à une température d'environ -5°C. La neige est d'abord séparée du liquide par filtrage, puis les grains sont, autant que possible, séparés les uns des autres au pinceau. Ils sont ensuite déposés sous une loupe binoculaire équipée d'une caméra numérique. Les images jugées intéressantes sont enregistrées sur un disque optique. Les grains sont parfois déposés sur une mire (images des pages suivantes) ; la distance entre deux lignes de la mire est alors de 0.2 mm.
    Même en recourant aux techniques les plus modernes, la description d'une couche de neige reste toujours incomplète car :
    - les formes de grains sont extrêmement diversifiées,
    - les classifications ne retiennent qu'un nombre limité de critères,
    - les grains analysés sont choisis par l'observateur dans un ensemble parfois très hétérogène.
    Ce qu'il faut savoir sur les couches enfouies de gobelets ou de grain à faces planes :
    - elles sont mises en cause dans de nombreuses avalanches
    - leur observation doit induire une grande méfiance,
    - parfois, elles n'existent pas alors qu'une avalanche se produit
    - leur absence ne constitue pas un gage de sécurité,
    - parfois, elles sont présentes et aucune avalanche ne se produit
    - les situations inexpliquées ne doivent pas conduire à ignorer leur rôle potentiel !

    Bibliographie

    - [Brun 91] : Brun (E.) ; Pahaut (E.) ; 1991 ; An efficient method for a delayed and accurate characterisation of snow grains from natural snowpacks ; Journal of Glaciology ; n°37 (127) ; pp.420-422.
    - [Colbeck 90] : Colbeck (S.) ; Akitawa (E.) ; & autres ; 1990 ; The international classification for the seasonal snow on the ground ; International commission for Snow and Ice ; 23 pages.
    - [Gubler 92] : Gubler (H.) ; 1992 ; Measurements and modelling to improve our understanding of avalanche formation ; Université européenne d'été ; Cemagref Editions ; Chamonix 14-25 septembre 1992 ; pp.89-98. - [Jamieson 95] : Jamieson (B.) ; 1995 ; Avalanche prediction for persistent snow slabs ; Thèse ; 258 pages.

    Notes

    (1) Haute-Maurienne, Savoie, France.
    (2) Le terme est utilisé ici dans un sens technique : une avalanche est documentée quand on a réuni à son sujet de nombreuses informations.
    (3) Centre d'études de la neige/Centre national de recherches météorologiques/Météo France, Grenoble Saint-Martin-d'Hères, France.
    (4) Identification après examen visuel par une personne expérimentée.
    (5) Selon la classification internationale, les grains de cette dernière catégorie pourraient parfois être rangés dans le sous-type "mixed forms" du type "rounded grains" ou du type "faceted crystals".
    (6) Nous appelons "rupture par traction" celle qui se produit en limite de la partie amont de la plaque ; elle est généralement perpendiculaire à la surface du manteau neigeux et au plan de cisaillement.
    (7) Une difficulté d'interprétation supplémentaire résulte de la superposition de couches dans une même plaque. Dans l'état actuel des connaissances, on ne peut affirmer que telle combinaison est plus instable que telle autre : il nous est arrivé d'observer des couches plus fermes en surface de la plaque qu'en profondeur, aussi bien que l'inverse.
    (8) Nous illustrons ici l'activité avalancheuse par les avalanches mortelles. Pendant les périodes citées, de nombreuses autres avalanches se sont produites mais, n'ayant pas fait de victimes, elles n'entrent pas dans les statistiques officielles.
    (9) Dates d'accidents transmises par F. Sivardière, ANENA.